Thierry Lautard

Thierry Lautard

Conseiller Municipal à Grasse Alpes-Maritimes

Europe
  

La Blaquière

La Blaquière

A de nombreuses reprises, le quartier de La Blaquière a récemment attiré l’attention de par les incivilités et actes de délinquance qui s’y développent. Après une période de relatif calme, la situation se dégrade depuis plusieurs mois aux dires des habitants. Certains qui y sont nés ou y habitent depuis longtemps désirent le quitter. Les membres des associations de locataires, de mamans dynamiques et fort actives, ont envie de baisser les bras. les commerces sont fragilisés et le centre commercial risque de n’être bientôt plus qu’une coquille vide.

Pourtant, les appartements sont vastes et clairs. Il existe de grands espaces verts, des jeux d’enfants, des parkings, un centre commercial, une pharmacie, la proximité des écoles et du collège. Ce n’est pas le cas pour nombre d’autres groupes d’immeubles à Grasse. Bref, il pourrait faire bon vivre à La Blaquière.

Ce n’est pas le cas. Cela est dû au comportement d’une très faible minorité qui fait régner la peur (insultes, « caillassage », tags, incendie de poubelles, voire de voitures, …). Le chômage, la pauvreté et la précarité n’expliquent pas tout même s’il faut mener une action d’envergure pour redonner à chacun un emploi, des moyens pour vivre décemment et la dignité qui va avec.

Ni la Caisse d’Allocations Familiales (CAF) ni les assistantes sociales des Actions médicales et sociales du Conseil général (CAMS) n’assurent plus leurs permanences à la Blaquière. De plus, l’éclairage public connaît des pannes récurrentes, souvent provoquées (ne peut-on avoir un système d’éclairage public fiable ?). Le poste de police municipale est très fréquemment fermé.

Il ne faut pas que les quartiers en difficulté deviennent des zones de non-droits, des no man’s land en matière de services publics. Les difficultés, déjà nombreuses, des habitants ne feraient que s’accroître. Il a fallu que la Ville prenne en charge une agence postale pour maintenir ce service public dans le quartier. Il est du devoir du maire de la Commune d’enrayer cette lente dégradation – qui s’accélère.

Le projet de loi du ministre de l’intérieur envisage de faire du maire le personnage-clé de sa politique répressive, ce qui est contestable. La répression est utile et nécessaire mais c’est bien au maire de mettre en oeuvre une véritable politique de sécurité jouant sur toute la chaîne prévention-dissuasion-répression.

Pour cela, les différentes lois sur la politique de la ville lui donnent, à la fois, les moyens financiers et les moyens juridiques pour intervenir.

Dans le cadre d’un projet de Gestion Urbaine de Proximité (G.P.U.), il est possible de réunir tous les acteurs des services publics et parapublics (Education nationale, CAF, Conseil général, Centre Maternel et Infantile, Action Educative en Milieu Ouvert et éducateurs de rue, Polices municipale et nationale, Bibliothèque municipale, EDF/GDF, société d’HLM Azur Provence Habitat, Mission locale, …) afin d’avoir une approche globale, systématique et d’apporter une réponse d’ensemble adaptée.

Par exemple, est-ce à chaque administration de prévoir un « agent d’ambiance », doux euphémisme pour parler d’un agent de sécurité ? Il est possible de mutualiser les moyens.

La Ville qui a pris à sa charge les espaces verts de la cité de la Blaquière et a municipalisé la route interne ne peut-elle avoir des exigences vis-à-vis de la société d’HLM et lui demander de mettre à disposition des habitants les locaux sociaux prévus à cet effet et d’assurer pour chaque immeuble ou paire d’immeubles un concierge comme cela existait avant ? Ce que prévoit d’ailleurs la loi.

N’est-il pas possible de créer une Maison pour Tous (ou Maison des Jeunes et de la Culture) où les jeunes trouveraient à la fois un lieu pour se détendre, se retrouver et un accès à la culture et à l’animation dont ils sont parfois dépourvus ?

Bref, il convient d’apporter le meilleur service public possible à la population tout en assurant la sécurité et la sérénité nécessaires à la population et aux agents du service public. C’est là la garantie de l’égalité de tous sur le territoire communal.

Ce serait le meilleur signal que la puissance publique pourrait donner à la population concernée et au secteur privé (commerçants et professions libérales, …) pour leur redonner espoir et confiance.

26/01/2007

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