Thierry Lautard

Thierry Lautard

Conseiller Municipal à Grasse Alpes-Maritimes

Europe
  

Le commerce à Grasse

Le commerce à Grasse

Un grand débat sur les grandes surfaces est lancé. Etant interpellé fréquemment par les commerçants grassois, Je me permets aujourd’hui de vous donner mon point de vue sur l’ensemble des problèmes exposés. Plusieurs décisions politiques de la municipalité expliquent les difficultés évoquées.

1 Le « fameux » P.D.U. : afin de résoudre les problèmes de circulation à Grasse, le maire a lancé un Plan de Déplacement Urbain qui nous a coûté fort cher et n’a rien résolu. Par contre, nous en avons les avatars : sans étude postérieure pour valider le choix fait de mettre le Jeu de Ballon en sens unique, et ce dans le sens ouest-est, les travaux rendant ce sens unique définitif et irréversible ont été mis en œuvre. Pourtant, les voies de contournement de la ville (est-ouest et nord-sud) n’ont même pas connu un début de solution (pas de tracé, pas d’emprise foncière, pas de financement, …) et si la circulation s’est un peu améliorée à certains moments de la journée, c’est en grande partie parce que les Grassois se sont déshabitués de la venue dans le cœur de leur ville.

Je ne parlerai pas du choix du matériau du dallage du Jeu de Ballon dont l’aspect esthétique est, après peu de temps, fort contestable, ni de son entretien… Quant aux palmiers, j’avais demandé une large concertation sur le choix des essences afin de respecter l’Histoire (Grasse est la capitale de la Provence orientale) et la cohérence politique en matière économique et touristique (nous ne sommes pas une ville de la Côte, nous désirons développer le tourisme vert et être la porte d’entrée du moyen pays, d’autant plus que se développe le parc naturel régional).

Autre aspect rebutant concernant la difficulté d’accès au cœur de la ville, le coût des parkings. L’échec du marché du mercredi provient, en partie, de la non-gratuité de la première demi-heure ou de la première heure, contrairement à ce qui se passe le samedi. De nombreuses villes concèdent un avantage sur le début du temps de parcage, ce qui abaisse réellement et psychologiquement le coût de stationnement.

2 Deux Hypermarchés au sud de la ville, c’est trop. Je l’ai toujours dit et m’étais opposé en son temps au projet « Porte Neuve » qui accentuait le glissement vers le Sud de la zone d’attraction commerciale. Depuis, le Centre Leclerc a ouvert…

Le projet « Monoprix-cœur de ville » avait beaucoup d’avantages tant au niveau commercial qu’urbanistique. Il fallait le pousser de toutes ses forces et non pas le combattre. Il est plus tard que l’on ne pense, aujourd’hui.

Il aurait permis de conserver au Centre de la ville une locomotive commerciale, avec la création d’une grande galerie marchande ouverte et l’implantation d’enseignes nationales, forces d’attraction indéniable, ainsi qu’une restructuration de tout le quartier, preuve que la ville historique ne s’enferme pas sur son passé et s’adapte aux évolutions de la vie moderne. Aujourd’hui, l’on peut s’interroger sur la pérennité de ce grand magasin qui a subi, tout comme les commerçants que vous représentez, une forte baisse d’activité.

D’autant plus qu’avec la prochaine ouverture d’Axe 85 – sans concertation avec la Communauté d’agglomération et critiqué par le délégué Urbanisme commercial de la C.C.I. ! -, le champ des possibles se réduit : les enseignes et marques nationales qui s’y installeront ne sont plus disponibles pour le centre-ville. C’est un véritable gâchis !

Le cœur de Grasse, ville de 45 000 habitants, sous-préfecture, au cœur d’une zone de chalandise de 150 000 habitants, se réduit peu à peu à n’être qu’un succédané de Saint-Paul de Vence, avec des boutiques et des restaurants pour touristes ouverts en période estivale.

3 Pour lutter contre ces tendances accentuées par de mauvais choix, l’action municipale pourrait porter ses fruits. Le manque de cohérence d’ensemble et le peu de coordination des services ont pour conséquence d’affaiblir les efforts entrepris. Et il est vrai que la fin du plan FISAC (Fond d'intervention pour les services, l'artisanat et le commerce) privera la ville et ses commerçants de ressources supplémentaires. Une vision globale de cette problématique sera d’autant plus nécessaire tout comme il est nécessaire de travailler de façon continue. Le changement fréquent des personnes chargées de l’action n’est pas gage de qualité et d’efficacité. Au fait, qui est l’adjoint au maire chargé du commerce ?

La création d’un office du commerce (sur le modèle de l’officie du tourisme) comme cela existe dans d’autres villes permettrait d’apporter la cohérence qui manque cruellement à Grasse.

06/02/2007

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