Thierry Lautard

Thierry Lautard

Conseiller Général Grasse-Nord 1998-2004

Conseiller Municipal Grasse 2001-2008

Grasse
  

Urgence CPE

Urgence CPE Parent d’élèves concerné par les différentes manifestations grassoises relatives au CPE (certains de mes enfants y étant actifs, d’autre les subissant), je m’interroge à plusieurs titres (citoyen, professeur d’Economie et de Droit, élu) sur les raisons immédiates qui nous ont conduits à cette situation.

Juridique : comment accepter que, sans motivation à déclarer, sans nécessité de justification, un patron puisse licencier un employé sur lequel le doute pèsera lors de sa future recherche d’emploi (quelle faute a-t-il commise pour avoir été licencié ?) alors que le licenciement peut provenir simplement d’une baisse d’activité

Economique : dans notre région, trois secteurs d’activité sont prédominants, l’hôtellerie-Restauration-Tourisme, le bâtiments-travaux publics, et la grande distribution (hypermarchés). Ils connaissent et utilisent tous, et depuis longtemps, la flexibilité des effectifs et la précarité (contrats saisonniers, extra, temps partiels subis, etc.). Ainsi qu’un problème récurrent de recrutement et de stabilité de personnel, donc de qualification et de qualité. En quoi le CPE est-il une réponse à leurs problèmes ?

Technique : il existe tout un arsenal permettant d’ajuster la quantité de travail au niveau de l’activité : loi sur l’annualisation du temps de travail (ARTT), recours à l’intérim, aux CDD renouvelables ainsi qu’à la sous-traitance qui permet d’externaliser les charges de personnel et de les variabiliser

Financier : l’emploi d’un salarié coûte cher et pénalise les secteurs d’activité à forte main d’œuvre (ce qui est vrai dans les services qui représente près de 70 % du PIB). les cotisations sociales sont basées sur la masse salariale, ce qui pénalise ces entreprises créatrices d’emploi à la différence d’entreprises industrielles très automatisées (pétrole, automobile, …). Un calcul sur la base de la valeur ajoutée permettrait une plus grande égalité de traitement entre les entreprises et réduirait la charge pesant sur celles occupant un grand effectif. Les cotisations liées aux assurances sociales servent aussi à couvrir des non-cotisants au nom du principe de la solidarité nationale ; c’est là le rôle de l’impôt, impôt prélevé sur tous les revenus et pas seulement sur les revenus du travail. Ne peut-on, aussi, mieux distinguer les petites et les grandes entreprises ?

Social : dans toutes les grandes démocraties modernes (Allemagne, Grande-Bretagne, Etats-Unis, …), il existe un processus de négociations préalables avec les forces sociales (syndicats patronaux et ouvriers) permettant de trouver, si ce n’est un consensus, tout au moins un rapprochement de vue. Pourquoi attendre le rapport de forces pour engager le dialogue ?

Politique : pourquoi Mr de Villepin est-il passé en force (article 49/3) au Parlement, organe législatif premier, sans accepter un débat préalable avec sa propre et très large majorité, qui le critique maintenant ?

En conclusion, Mr de Villepin ne désire " ni retrait, ni suspension, ni modification ". Comment Mr Leleux, député-suppléant UMP, peut-il soutenir ces mesures mises en place par un gouvernement autoritaire et ne pas entendre la jeunesse grassoise, pleine de bon sens (" avant d’agir, on se concerte, on parlemente beaucoup ") ?

22-03-2006

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