Thierry Lautard

Thierry Lautard

Conseiller Municipal à Grasse Alpes-Maritimes

Europe
  

Vous avez dit identité ?

Vous avez dit identité ?

A l’heure où la question de l’identité nationale semble être l’axe de la campagne présidentielle, j’aimerais – tout en n’étant pas historien -- rappeler quelques faits historiques.

Depuis la Révolution française, c’est la gauche qui s’est toujours battue pour la Nation. Mais pas pour le nationalisme.

De 1789 à 1792, la France est toujours une royauté. En septembre 1792, 150 000 hommes (prussiens, autrichiens et 20 000 émigrés opposés à la Révolution) envahissent la France.

Pour y faire face, appel est fait aux citoyens (c’est l’origine du service militaire, l’armée populaire par rapport à une armée professionnelle).

La victoire de Valmy (le fameux moulin !) , le 21 septembre, grâce à Kellermann, oblige la coalition des envahisseurs à se retirer, alors que la route de Paris lui était ouverte, et se traduit le jour même par la proclamation de la République.

En 1870, la gauche s’oppose à la droite de Napoléon III qui voulait la guerre contre la Prusse, puis défendit en 1871 Paris assiégé par les allemands alors que Thiers, avec la complicité du chancelier Bismarck, écrasa de façon sanglante « la Commune de Paris ».

Jean Jaurès s’opposa à la guerre en 1914 car il refusait les différents nationalismes. Il fut assassiné le 31 juillet. (d’ailleurs, son nom a aussi disparu des rues de Grasse malgré l’engagement de la municipalité…).

Entre les deux guerres, une grosse partie de la droite n’est toujours pas républicaine (la République est appelée « la gueuse ») et aspire à rétablir la monarchie. Peu à peu, s’amplifie, l’idéologie de la « révolution nationale » qui aboutit au recours à Pétain et à la collaboration avec l’occupant.

Le 18 juin 1940, De Gaulle était bien seul…

Dans les années 72, un parti d’extrême-droite s’est approprié les symboles de la République (qu’il méprise et combat) :

le drapeau français
l’hymne national
Jeanne d’Arc mais pas la devise républicaine, Liberté-Egalité-Fraternité

Peut-on encore parler aujourd’hui de travail, famille et patrie sans faire penser au régime de Vichy ?

Il n’est pas anormal que l’ensemble des français se réapproprient ce qui leur appartient et dont le contenu a été perverti. (une nation, c’est « l’ensemble des humains habitant un même territoire, ayant une même communauté d’origine, d’histoire, de culture, de traditions, de langue et constituant une entité politique ». Larousse).

Se sentir provençal n’empêche pas d’être français ni européen.

En attendant, François Kellermann, le vainqueur de Valmy, dont la caserne de gendarmerie de l’avenue Sidi-Brahim porte le nom, repose en paix au Père-Lachaise avec le sentiment du devoir de citoyen accompli.

28/03/2007

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