Thierry Lautard

Thierry Lautard

Conseiller Général Grasse-Nord 1998-2004

Conseiller Municipal Grasse 2001-2008

Grasse
  

La Tourache

La Tourache Depuis quelques mois, de nombreuse grues ont fait leur apparition dans le cité de Grasse. C'est là le symbole de la reprise de l'immobilier dans notre ville. On pourrait s'en féliciter en raison du manque de logements pour les actifs, en particulier, pour les jeunes couples. En fait, cela traduit plutôt, du fait de la saturation de la Côte, l'utilisation des espaces restant disponibles sur le moyen-pays et, en corollaire, l'augmentation du prix du M² et donc des loyers.

Exit la population active qui n'a plus les moyens de s'offrir un loyer sur Grasse et qui doit donc se loger de plus en plus loin de son lieu de travail (Saint-Vallier, Escragnolles, Fayence, etc.).

C'est dans cette logique que s'inscrit la nouvelle opération immobilière de la Tourache :

En lieu et place de 80 appartements, la société Azur Provence Habitat envisage de créer 90 villas réparties sur une surface plus importante et de reloger ailleurs - et dans de moins bonnes conditions (loyers, coût du chauffage, surface des appartements, conditions d'exposition au soleil, parkings, …) - les locataires actuels.

Quel est le gain de cette opération et pour qui ?

On peut déjà constater que la plus-value à venir pour la société d'HLM sera importante car le prix de vente des villas couvrira non seulement le coût du terrain, celui de leur construction mais aussi le coût de la démolition - pourtant considérable -- des immeubles.

Cette démolition ne s'impose pas, même pour une question d'esthétisme. Les appartements sont grands, bien exposés, avec un loyer modéré (n'est-ce pas le rôle d'une société d'HLM ?), facile d'accès. Ils nécessitaient une réhabilitation (une provision annuelle est d'ailleurs constituée pour cela) tout comme pour la façade.

Ensuite, détruire des logements sociaux pour les remplacer par des villas ne résout pas le problème de fond du manque de logements sociaux. Grasse est largement en dessous du seuil des 20 % imposés par la loi Solidarité et Renouvellement Urbain (SRU).

Il manque à Grasse - et dans le département -- une véritable politique du logement. Nous avons pris un retard considérable d'autant plus qu'aucune réserve foncière n'a été constituée (malgré le droit de préemption) et, pire même, la ville vend ses terrains disponibles (avenue De Lattre de Tassigny) et immeubles (Recettes des impôts, rue Carémil, rue Tracastel, Avenue de Provence, place Martine Carol) au privé et ce, sans contrepartie. Ni respect des recommandations de la Chambre régionale des comptes.

Au lieu de lutter contre la spéculation immobilière, cette politique municipale l'amplifie.

Il existe pourtant des moyens nouveaux à la disposition des communes : l'Etablissement Public Foncier Régional (EPFR) mis en place par la Région, la nouvelle politique de logement du Conseil général (enfin !), le Plan Local de l'Habitat (qu'il faudrait respecter…) de la communauté d'agglomération Pole Azur Provence.

Il manque la volonté politique.

28-04-2006

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