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Thierry LautardConseiller Général Grasse-Nord 1998-2004Conseiller Municipal Grasse 2001-2008 | ![]() |
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| Directive Territoriale d'AménagementGrasse est une ville où il fait bon vivre en raison du développement équilibré qu'a connu le pays grassois, à la différence des villes côtières sur-urbanisées. La question qui se pose à nous est donc de savoir comment conserver ce capital naturel et humain tant pour les habitants de notre région que pour les touristes qui font vivre le département. Cela nécessite de ne pas sacrifier l'avenir au court terme et de poursuivre un développement durable en matière d'aménagement du territoire. En 1997, a été initiée une démarche de Directive Territoriale d'Aménagement (DTA). qui avait pour objet de faire une prospective d'aménagement du territoire sur les 20-30 ans à venir. Il s'agit là d'un bon processus, d'une bonne méthodologie favorisant une démarche globale et systémique concernant tous les secteurs et associant la population à travers ses différents représentants (élus, associations, personnalités, fonctionnaires) réunis en neuf groupes de travail. Deux consultations publiques ont eu lieu. Les Alpes-Maritimes ont eu cette chance d'avoir été choisies parmi les six entités pilotes pour la France entière. Le résultat de cette démarche est bon. Tous les acteurs, collectivités territoriales, Chambre de Commerce et d'Industrie, associations, s'accordent sur le constat de la DTA : notre département connaît un retard considérable dans un grand nombre de domaines. DéplacementsLe réseau routier départemental n'est pas à niveau (qualité insuffisante et manque d'infrastructures pour certaines liaisons). L'autoroute A 8 joue donc un rôle de desserte locale entre Antibes, voire Cannes et Nice d'où une saturation importante à certains moments. Les transports en commun sont défaillants: - les réseaux de bus ne sont pas reliés entre eux, les dessertes et la régularité insuffisantes. L'usager se perd entre les neuf autorités organisatrices de transports urbains (AOTU) et n'est donc pas incité à cette utilisation. - le transport ferroviaire connaît aussi des carences sur les lignes Nice Breil Drap et Digne. La ligne Cannes-Grasse a disparu et il n'existe pas de liaison entre Antibes et Sophia Antipolis. En conséquence, les deux zones industrielles départementales qui connaissent chacune 20 000 salariés (Sophia et Carros) ne bénéficient pas de transports en commun modernes et adaptés. On nous reparle donc de l'émergence de l'A 8 bis que la population refuse et rien n'a été prévu pour la ligne TGV alors que les deux aéroports de Nice et de Mandelieu sont saturés. L'absence de plan départemental de traitement des déchets nous conduit à une situation absurde consistant à faire traiter nos déchets dans les Bouches du Rhône avec un coût doublé (la taxe d'enlèvement des ordures ménagères de Grasse a d'ailleurs connu une augmentation de 17,24 %). Sans solution dans l'immédiat. Bon dernier au niveau national en matière d'intercommunalité, notre département a vu se créer au seuil de l'année 2002 des regroupements intercommunaux avec des périmètres parfois non pertinents manque de cohérence, entité trop petite ou artificielle et manquant souvent de projets. C'est particulièrement vrai pour l'intercommunatlité grassoise qui a d'ailleurs déjà changé de nom: de Communauté d'Agglomération Provence d'Azur (CAPA) en Pôle Azur Provence (PAP) ! LogementsNous manquons de façon cruelle de logements pour les actifs et le taux de logements sociaux est très faible (5 % pour les villes côtières par exemple). L'absence d'emprises foncières se traduit par un coût du foncier très élevé et des loyers double de la moyenne nationale alors que le SMIC et le niveau de rémunération sont les mêmes que dans le reste de la France. Les actifs sont donc obligés d'habiter de plus en plus loin de leur lieu de travail et de leur lieu de vie (commerce, loisirs) d'où un accroissement des déplacements et de la pollution (air et temps perdu). Les propositions de la DTA qui tiennent compte aussi de la nouvelle loi Solidarité et Renouvellement Urbain (SRU) vont dans le bon sens car elles prônent un développement équilibré et adapté à la croissance démographique d'un département qui gagne de la population et ne connaît pas un déclin: * amélioration du réseau routier (sans l'A 8 bis) * amélioration des transports en commun (dont le ferroviaire) * construction de logements pour équilibrer les zones et favoriser la mixité sociale préservation des espaces naturels, des zones agricoles, des paysages et bonne gestion de l'eau Pourtant, en raison de leur manque d'espace lié à leur mode de développement, les villes côtières, appuyées par la Chambre de Commerce et d'Industrie qui poursuit son projet de métropole Côte d'Azur, se sont opposées à cette DTA et ont proposé de reproduire sur le moyen pays ce mode de développement qui a conduit à la déplorable situation actuelle, dont nous ne voulons pas à Grasse ni ailleurs (800 hectares urbanisés sur 830 au Cannet) ! La majorité du conseil municipal de Grasse n'a pas non plus adopté cette DTA qui, pourtant, protège le pays grassois ! Heureusement, tous ont été désavoués par le comité interministeriel de décembre 2003. Il a validé, en effet, lensemble de la DTA des Alpes-Maritimes qui s'impose au Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT), ex Schéma directeur d'aménagement et d'urbanisme (SDAU), et aux Plans locaux d'Urbanisme (PLU), ex Plans d'occupation des Sols (POS). |