Thierry Lautard

Thierry Lautard

Conseiller Général Grasse-Nord 1998-2004

Conseiller Municipal Grasse 2001-2008

Grasse
  

Lettre aux Juristes

Lettre aux Juristes

Grasse, le 2 mars 2004

Madame, Monsieur,

Je suis récemment intervenu au cours du débat public organisé par la Ligue des Droits de l’Homme sur le thème de « la sécurité au prix de nos libertés » auquel participaient le Syndicat de la Magistrature, l’Union des Jeunes Avocats, le Syndicat des Avocats de France et le syndicat CGT Police.

En deça des positions prises par le Parti socialiste au niveau national sur les lois Perben I et II et sur les lois Sarkozy, j’ai tenu à exprimer le point de vue d’un citoyen devenu élu dans une collectivité présidée par Mr Estrosi, proche du ministre de l’Intérieur et qui désire faire du département des Alpes-Maritimes un « laboratoire » national.

J’ai ainsi exprimé l’idée

1 que la politique menée par la majorité départementale crée les conditions de l’insécurité

2 et entraîne de ce fait la mise en place d’une politique sécuritaire.

En effet, dans le 4e département le plus riche de France, plus de 10 % de la population vivent en dessous du seuil de pauvreté à la suite d’une politique de droite proche de celle de l’extrême et pas seulement en matière de sécurité.

C’est le choix de l’Etat-gendarme contre l’Etat-Providence.

1 En 1998, quand j’ai été élu, la situation était la suivante, alors que la prévention et le social sont la 1ère compétence du conseil général :

pas d’éducateurs de rue

refus de financer les contrats de ville

manque de place dans les foyers pour enfants et adolescents

refus de financer les MJC et Maisons pour Tous ainsi que les associations sportives

schéma de protection de l’enfance obsolète

pas d’office départemental d’H.L.M. ni de réserve foncière pour lutter contre la spéculation et le coût des loyers, etc.

2 Par contre, à la suite de la suppression des postes de surveillants dans les collèges, M. Estrosi a proposé d’y affecter des policiers et a fait voter le financement de caméras de sécurité dans les couloirs et les salles communes. Tout comme, il avait fait adopté le principe de financement des centres d’éducation fermés ou renforcés ainsi que celui des gendarmeries, des commissariats et des logements des fonctionnaires affectés.

Le Conseil général se substitue ainsi à l’Etat dans ses missions de sécurité mais ne finance pas ce qui relève de sa compétence. C’est un paradoxe -- un choix -- que je dénonce. Je me tiens à votre disposition pour tout échange fructueux à ce sujet.

Je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur l’expression de mes sentiments les meilleurs.

[haut de page]